vendredi 26 octobre 2018

Sonnet (sonnet^^)







                                                                      Sonnet

 
L’erreur dote mon corps d’une sublime apparence
D’opaline, le regard chargé de reproches.
Mais quand tu sens mon coeur aussi dur qu’une roche,
Ton sang ne fait qu’un tour et entame une danse.

Joliment ficelée de tes rêves profonds,
Tu sondes ma voix, et mes larmes sont amères,
Tes rêves fuient sans cesse et deviennent poussière
Et te voici, bel esprit qui sort de ses gonds.

Ainsi qu’une rime à l’apogée de ses jours,
Ou qu’une jeune fille à ses premières amoures,
Grelottant de ton froid, du mien également,

Tu t’en vas vers une vie nouvelle, assurément
Un paradis fait nôtre pour que je t’y retrouve
Aux plaisirs incompris du Diable qui nous couve.

jeudi 25 octobre 2018

Liste 4 (pour le texte "Funérailles")

Pertinent. L'air aurait pu sembler immobile s'il ne frémissait pas de chaleur. Bleus qui viennent rosir la peau. Hématomes qui frémissent sur la peau.Le fantasme d'un souvenir. Le Sacrement des malades.Le bonheur parait extensible. Pétroleuse. Se donner les moyens. Poteau téléphonique. Ou pas.Éléments flottants. Souffle au cœur. Le bonheur est fugitif. Nature du bonheur. Identification du bonheur. Formes de bonheur. Deuil de l'avenir. Souligner non le côté glauque mais le naturel. Élégance de la mort. Même si ça gratte, mes cicatrices sont solides. Est-ce qu'on peut mourir paisiblement? Extrême-onction. Angoisse de l'avenir? Je me pardonne d'être en vie. Rester dans le tempo. Besoin psychologique intense. Besoin moral vis-vis d'autrui. Yeux absents. Cheminement de pensée jusqu'à Pagoda.

L'automne est arrivé.

Les Orages Délavés (chanson triste)





Les orages délavés

Des tristesses délavées
Des mélodies neurasthéniques
Et mes angoisses au pressing
Avec du sang desséché

Une mélancolie apathique
Aux caresses douteuses
Poisseuses au sucre amer
Des injures au lave-linge

J’explose sur le sable mouillé
Une mélodie comme un oubli
Dans le tambour du sèche-linge
Des orages délavés

Adoucissant sur mes plaies
Et mes terreurs à la javel
Laver laver la lune pourpre
Des hurlements mis à sécher

Comme des peaux de chagrin
Rétrécissent au lavage
Les larmes sur le WC
Des orages délavés

Contes de la Camisole (retour sur mes nouvelles)

Voilà, j'ai publié tout ce que j'avais à publier dans le cadre de mon recueil, mais il reste encore beaucoup de choses à en dire! Et beaucoup de choses à écrire!

J'ai voulu, par le biais de ce recueil, construire une image déviante de la psyché féminine, vue à travers le prisme de la folie, de l'âge le plus tendre jusqu'à la mort, ou pas. On ne sais pas si cette femme/fille fictive finit par mourir ou bien si elle accepte son sort et réapprend à se construire.

J'ai du mal à faire un retour objectif sur mes derniers écrits, ils sont trop récents, ou bien je suis trop fragile, ou les deux. Allez savoir! J'ai connu la vie, j'ai connu la mort, et à travers ces expériences, je me suis connue moi-même, ce qui est le plus important. "Connais toi toi-même". Je pense avoir fait un bout sur ce chemin...

Maintenant que la folie est derrière moi, j'aimerais écrire dans d'autres buts, chercher de nouvelles perspectives, à la fois cathartiques et littéraires. J'aimerais pouvoir casser les rythmes, casser la poésie internes et m'inspirer un peu du travail des auteurs de l'OuLiPo, notamment via un travail de listes. J'aimerais aussi écrire sur la maternité et ses potentialités, sur le bonheur, qui me parait finalement être plus extensible que prévu, mais qui m'est inconnu d'un point de vue littéraire...

Les Contes de la Camisole ont été tous écrits de manière quasi automatique, il s'agissait d'une catharsis pure et dure, ce qui est plus que visible: j'avais des choses à dire, j'avais besoin de les dire, je les ai dites. Et après? Après il reste un certain vide intérieur. On est vidé. On se dit qu'on n'arrivera plus à écrire, car tout est dit.

Pourtant je pense qu'il y a toujours des choses à dire, seulement il faut apprendre à dire différemment, à penser autrement, à travailler si j'ose dire, car je ne l'ai jamais vraiment fait auparavant. Du moins, je n'ai jamais considéré ça comme un travail. Et pourtant, aujourd'hui, je sais que je vais devoir travailler beaucoup plus mes textes si je veux obtenir l'aboutissement auquel je veux accéder. Et chercher des illustrateurs, car j'arrive au bout de ce que je peux faire par moi-même, ce qui était déjà limité de base!

En tout cas, je compte me servir de ce blog comme d'une vitrine pour d'éventuels éditeurs, je travaille beaucoup pour me faire publier. Je ne souhaite pas faire d'auto-publication, je veux que mon travail soit reconnu pour sa valeur. Mais aujourd'hui cette forme d'écriture (la nouvelle) ne se vend pas, ou peu. Cela étant, je me contenterai de blogger sans problème! L'intérêt premier étant d'être lue, et de pouvoir générer des discussions... D'ailleurs, si vous avez des commentaires, quels qu'ils soient, n'hésitez pas à les publier!

Je m'en vais donc écrire à nouveau, de manière différente cette fois, et je continuerai sans doute à faire des listes...

A bientôt, bonnes lectures!

lundi 8 octobre 2018

Mantra au soir brisé (dernière Nouvelle des "Contes")



-Mantra au soir brisé-

Ce soir Chiara souffre.

C'est cette chose misérable qu'on appelle une femme. Cette étreinte à sens unique, cette flamme éteinte. C'est cette chose pitoyable sous les masques. Le mensonge est plus facile. C'est cette chose fragile qui n'aurait jamais dû oser, cette chose triste et cassée, cette poupée brisée, jamais réparée, à jamais irréparable.

Elle se croyait blindée, elle se voulait si loin. C'est cette chose vide, courageuse, cœur battant, que l'on vient de piétiner.

Elle se prend dans ses bras, chut, tout ira bien. Tout ira mieux demain, quand le somnifère sera passé par là.

Remets tes masques en place, ce n'est pas la première fois. Tu savais ce que tu risquais à oser te livrer, nue. À trop exposer ton cœur, on te l'arrache et le dévore.

D'abord le masque de la joie. Quel joli sourire que voilà, tâche juste de limiter son amertume, c'est mieux comme ça. Ta joie mettra du baume sur toutes les plaies, ta joie gardera tes jambes debout, ta joie est une illusion de choix, un mirage de paillettes.

Ensuite pose le masque de l'indifférence, tu n'aurais jamais dû l'ôter tout d'abord. C'est lui qui maintient les morceaux éparpillés de ton cœur en miettes. Remets-le et contemple la vie à travers un miroir de glace, comme si tout était figé dans une sorte de brouillard que tu regardes parfois de loin. Rien ne te touche. Rien ne te blesse. Aucune lame souriante ne te prend le peu qu'il te reste. Attache-le bien, ce masque, et détache-toi du reste.

Puis mets le masque de la volonté, pour que personne ne voie à quel point tu es creuse, camoufle ce vide en toi avec des projets inutiles. Parle tant qu'à force, on te croira vivante. Ce masque aidera tes jambes à se mouvoir. Grâce à lui un sourire fleurira automatiquement sur tes lèvres glacées, tu ressembleras à s'y méprendre à une humaine.

Si cette chose en larmes est une femme, si c'est elle qu'on entend hurler à l'intérieur de sa poitrine, si c'est elle qui frappe sa tête contre le béton froid... C'est cette chose malheureuse qu'on appelle femme, mais qu'on ne veut prendre dans ses bras, de peur de se salir.

Vient le masque de la pureté, pare t-en comme d'une couronne de gloire, ta vertu sera ton rempart. Sois femme sans être humaine, au-dessus de la mêlée. Ni désir, ni douleur, garde un couteau aiguisé près de tes seins, pour ne craindre ni menace, ni amour. Garde-toi bien de succomber. Serre plus fort ce masque d'ataraxie et éloigne-toi de tout ce qui est vie.

C'est cette chose impuissante qu'on appelle femme, cette chose sur laquelle on s'essuie les pieds, cette chose qui a perdu le contrôle, par amour ou humanité.

Alors enfile ton dernier masque, le plus puissant, le masque de la solitude. Réfugie-toi derrière les liens de ta camisole, laisse le monde le plus loin possible de toi, envole-toi loin de tout. Voilà, drapée dans ta froideur inaccessible, tu domines la vie. Enfin, seule maîtresse de tout ce vide, tu règnes sur un royaume éteint, un monde sans épines.

Ce soir Chiara revient, la tête haute et les yeux froids, animée par ses masques. C'est ce pantin d'albâtre qu'on appelle une femme, mue par ses éclats de soi qui s'entrechoquent au creux de son âme. C'est cette coquille, naguère frissonnante, qui ne saurait trembler, ni même respirer, c'est cela une femme, quelques masques et une poupée.

FIN

mardi 25 septembre 2018

Mise en abyme (à intégrer à mon futur texte...)







Mise en abyme
J'aimerais pouvoir écrire tout cela de manière poétique, faire des descriptions fouillées et des dialogues. Mais comment mettre tout ça en forme ? J'aimerais aussi pouvoir écrire de manière détachée, clinique, factuelle, afin de donner plusieurs tons à ce que j'écris... Mais est-ce que ça va fonctionner ? Est-ce que je dois/peux me fier à l'avis de mes rares lecteurs ? En même temps... Je suis d'accord avec eux, mais comment modifier, remanier tout cela ? La sécheresse de mon ton... Le manque de poésie...

Et finalement, écrire c'est quoi exactement ? Bonne question... (Et là, j'élude...) C'est une sensation mouvante au creux de l'esprit, c'est un besoin, une parole qui vient d'ailleurs. Probablement... Seule, je n'ai pas l'impression d'avoir les mots, mais quand l'inspiration vient je me sens aidée, épaulée, soufflée... À dire vrai, je ne pense pas avoir moi-même écrit mes textes. Pas alors que j'écoute mon album fétiche d'automne quand il y a la pleine Lune... Ou alors je suis bien prétentieuse d'aimer mes textes à ce point. Oui c'est sans doute ça ! En fait je n'écris que sur la sensation d'écrire, et comme j'ai l'impression que ça vient d'ailleurs, j'ai du mal à voir l'écriture autrement que comme une catharsis, un exutoire. Mais c'est tellement évident ! Car je n'écris finalement que sur des sensations, parfois futiles, parfois -rarement- éphémères...

Donc plutôt que de l'interroger sur ce qu'est l'écriture, la question la plus pertinente et celle du pourquoi de l'écriture. Et aussi de connaître les raisons de certains de mes choix d'écriture.

Le pourquoi de l'écriture est simple : catharsis. J'ai ce besoin de surmonter les choses en mettant des mots dessus, dans le cadre d'un processus complètement obsessionnel, monomaniaque. Quoique, au moment où j'écris je n'ai pas l'impression de surmonter quoi que ce soit... Je suis habitée par le fantôme des sensations passées, il prend ma main dans la sienne et nous écrivons ensemble, moi de manière automatique, lui me guidant. Ce fantôme des sensations passées fait écho au fantôme des sensations présentes, comme si les souvenirs n'étaient qu'une forme cyclique, de l'écume qui s'obstine à revenir chaque fois aux mêmes endroits, mes aspérités exposées aux mêmes vents, l'érosion qui me gagne.

Ou alors je n'écris que pour écrire, machinalement, je suis un serpent qui se mord la queue. L'univers flottant des mots manuscrits me happe et je me laisse bercer. C'est le passé, le présent et le futur qui se battent dans mes phrases, et c'est parfois d'une lourdeur insoutenable.

Ou peut-être... que je souhaite obtenir une forme d'immortalité grâce à l'écriture. Non pas que je veuille être publiée et accéder à une notoriété vis-à-vis d'un public. Non, je pense à une immortalité vis-à-vis de moi-même, la simple idée de transcender ma propre mort par les mots que je pose, sur une page, dans l'univers, dans la noosphère. En fait je me fiche d'être publiée car j'ai déjà la sensation de me survivre. Sans doute parce que je suis incapable de faire le deuil de moi-même, spirituellement. J'ai déjà beaucoup de difficultés à assumer le deuil en général.

Ce qui me ramène à ce texte, « Funérailles », gérer le deuil, celui d'autrui et le mien. Je me rends compte que, durant les préparatifs de ces funérailles, je suis plus spectatrice qu'actrice, quoi que je fasse. Ce n'est peut-être qu'une sensation, mais je le vis comme une accélération brutale du temps.

mercredi 12 septembre 2018

Page Blanche (nouvelle)


- Page Blanche -

Je suis à côté de mes traits solitaires, en face, miroir ensommeillé qui se regarde paresseusement. Où sont donc les changements sur ce visage entrebâillé ? Presque surprise, si je pouvais encore l'être. Mais finalement, rien de surprenant, je ne suis qu'une page vide, une fois de plus, mes yeux sans éclat fixant mes sachets emplis de cachets.

Des cachets. Des blancs et quelques bleus. Des blancs principalement. Des gélules aussi. On ne sait jamais, mieux vaut trop que pas assez.

Mais qu'est-ce qui peut être suffisant finalement ? Je dois remonter en arrière et me souvenir, ne pas répéter les mêmes erreurs.

Il y a trois ans j'en avais bien assez, c'était largement suffisant. Il aurait fallu juste quelques heures de plus, ça aurait été parfait. Il aurait fallu que ma porte ait été fermée à clef aussi, ah, la clef de la réussite passe par là. Il aurait fallu que je mente, suffisamment pour que personne ne vienne vérifier si j'allais bien. Là aussi j'ai foiré. J'ai tout foiré.

Il y a deux ans j'en avais bien assez aussi. Pourquoi avoir voulu dire adieu aux gens que j'aimais ? Erreur de débutant. Je pensais m'être bien cachée, mais ma voiture était trop visible de la route, et par trop reconnaissable. Avec toutes ces indications il était facile de me retrouver. Là encore, j'ai bien foiré.

Tout semblait si paisible, si naturel. Je me rappelle de ces deux moments de paix intense avec moi-même, des instants lumineux, car enfin tout s'éclairait de la magie de la vérité. La mort n'était pas une impatience, elle n'était même pas inéluctable, fatale, elle était tout simplement au bon endroit, au bon moment. Je n'escomptais pas de fin tragique et théâtrale, pas de grand saut dans le vide, pas de sang giclant partout sur mon lino ou dans ma baignoire pleine, non, rien de tout cela. Juste le sommeil, le sommeil du juste, de celle qui a terminé sa dure journée et s'en va plonger dans des rêves reposants, bien plus reposants que ne sont les miens en temps normal.

Je regarde mon visage, insondable, si ce n'est que je suis censée savoir ce qui se trouve derrière cette façade lisse et mensongère. Mais le sais-je vraiment ? Tout va bien ? Oui tout va bien, comme dans les heures les plus belles de ma vie, je suis comblée, et comment ne pas l'être ? Mais si je fais des projets, quels sont-ils en réalité ? Quel est le lien entre mon projet de vivre et mon projet de continuer cette minuscule réserve de calmants, au cas où ? L'un exclue t-il l'autre de fait ? Combien de temps me reste t-il ? Combien de temps me faudra t-il pour me constituer à nouveau une réserve digne de ce nom ?

Aujourd'hui mes doses sont comptées, mes infirmières vigilantes. Ma psy souhaite que je diminue mes doses. Je le fais bien entendu, ça me permet de mettre certains cachets de côté, au cas où, mais je le fais en mentant, toujours. Je croyais être nulle en mensonge, finalement je devrais peut-être réviser mon jugement. Chaque sourire est un coup de bluff, chaque regard aimant est un adieu. Je souhaite avoir droit à mon euthanasie personnelle, où je veux, quand je veux, le droit de dire enfin stop.

J'ai esquissé une larme, est-ce de la douleur, de la tristesse ? Non, juste de la fatigue. J'esquisse un sourire, est-ce pour autant du bonheur ? Non, c'est juste du cynisme, on m'a déjà fait le coup du bonheur et je n'y crois plus. Alors je regarde, plus attentivement, plus pensivement, ce visage, page blanche égarée, me demandant comment réparer mes erreurs passées. Miroir vide.